dimanche 22 juin 2014

▲#13▲ Esperluette

Bien bien bien... le défi du jour consistait à écrire à partir d'une phrase (que je ne vous donne pas, sinon c'est pas drôle ; lisez les textes de mes acolytes quand ils seront sortis et trouvez le point commun !)  et euh... je me suis un peu laissée emporter. Je crois que les poèmes et chansons que j'ai traduits la semaine dernière pour un jeu ambiance médiéval-fantasy m'ont fait plus de tort que je ne pensais... J'arrive pas à savoir ce que j'en pense, alors pouf, je le pose là, faites-en ce que vous voulez :)

Il était une fois une jeune elfette ;
Elle était mutine et rondouillette,
Jamais la dernière à faire la fête,
Armée de ses précieuses castagnettes.
Elle portait le nom d'Esperluette.
Elle avait quelque peu la grosse tête,
Rêvait de devenir une vedette,
Mais si elle était loin d'être bête,
Son public était analphabète.
Ses jeux de mots, par tas, par brouettes,
Ses rimes dignes des plus grands poètes,
Auraient bien plus plu chez les mouettes.
Ce qu'ils voulaient, c'étaient des paillettes,
Et surtout qu'elle montre ses gambettes !
Elle jeta l'idée aux oubliettes,
Et partit se reposer la tête
Chez sa chère vieille grand-mère Henriette.
Là-bas, elle tira la chevillette
Afin de faire choir la bobinette,
Mais pas un bruit, l'aïeule resta muette.
Surprise, notre chère petite elfette
Crut qu'elle s'adonnait à la cueillette
Et se retourna comme une girouette.
Elle s'en allait, à moitié inquiète,
Quand elle entrevit une silhouette ;
C'était bel et bien la vieille Henriette :
« Oh, mon adorable Esperluette,
Reviens, je t'ai fait des coquillettes !
Entre donc et prends une belle assiette,
J'arrive, je vais chercher une serviette. »
Ravie que se termine sa diète,
Elle prit aussi une belle andouillette,
Et c'est là qu'elle trouva le pense-bête :
 « Commissions à faire pour Esperluette :
Un ou deux paquets de cacahouètes
Une demi-douzaine de paupiettes
Du pain bien sec pour faire des mouillettes
Ne pas oublier les bonnes rillettes
Et puis l'essentiel : des coquillettes ! »
En lisant cette liste gentillette
Elle se souvint que tout : castagnettes,
Amour des belles rimes et de la fête,
De la bonne chère, et même sa silhouette,
Tout lui venait de mamie Henriette.
Elle se dit que quelques mauviettes
Comme critiques, ne valaient pas tripette,
Et répéta son vœu de fillette :
« Mamie, plus tard, je serai poète ! »

(Ce défi a été honteusement pompé sur le blog de Lionel Davoust, qu'il soit remercié pour ses idées toujours fantastiques.)
***
Mes acolytes

vendredi 20 juin 2014

Thiers à pied #2

Hier, je sais pas ce qui m'a pris, j'ai eu envie de marcher. Mais genre, beaucoup. J'avais des petites courses à faire, envie de prendre l'air, pas de boulot urgent sur le feu... Alors Seb m'a déposée tout en bas de Thiers, à la Croix Blanche, en partant travailler, et je suis remontée chez nous à pied. 4 km, me dit Google Maps... mais 4 km de grimpette et d'escaliers en plein soleil ! Au total, j'ai mis 2 petites heures. 

Bon, j'ai fait quelques arrêts, chez l'opticien (qui m'a réparé mes lunettes en 2 minutes et gratuitement... j'aime mon opticien), au salon de thé (où j'ai eu droit à un échantillon gratuit et à d'excellents conseils, comme d'habitude... j'aime ma dealeuse de thé), dans un bar pour prendre un Coca histoire de recharger les batteries pour arriver à terminer (je sais c'est mal, le Coca, mais j'ai encore rien trouvé de mieux et de disponible partout quand je suis au bord de l'hypoglycémie et que j'ai besoin d'un coup de fouet !), et surtout pour prendre plein de photos que je distillerai sur Instagram dans les jours qui viennent, comme d'habitude.

D'ailleurs, c'est l'occasion de faire le point sur ce que j'ai posté sous #Thiersàpied depuis la dernière fois (clic pour voir en plus grand avec les commentaires) :


J'espère que vous vous en lassez pas, parce que moi non, et je vous garantis que cette ville recèle encore pas mal de surprises !

dimanche 15 juin 2014

▲#12▲ Mon petit T

Le thème du défi du jour était tout simplement « parler d'un objet ». J'ai passé un moment à me demander quel objet j'allais pouvoir choisir... il y en a tellement autour de nous ! Mon agenda, mon cher ordinateur Alonso, mon trousseau de clés, ma caravane ou ma baignoire auraient tous pu faire des sujets plus ou moins passionnants. Et puis finalement, je me suis dit que c'était (encore) l'occasion de raccrocher le défi d'écriture à un sujet important pour moi, et sur lequel je voulais écrire depuis longtemps, à savoir : la contraception. J'ai donc choisi de vous parler de mon stérilet, aka Dispositif Intra-Utérin (DIU). (Après l'article sur la cup, je prends encore une fois le risque de perdre tout mon lectorat dépourvu d'utérus... il faut pas avoir peur, ça va bien se passer, et même si ça vous concerne pas directement, je suis sûre que vous allez apprendre plein de choses ! On ne le dira jamais assez, la contraception c'est l'affaire de tous !)
(Pour une lecture plus confortable, je vous mets tous les liens en fin d'article.)

J'ai, tout au fond de moi, un petit T en plastique, entouré d'un fil de cuivre. Ça fait deux ans et demi qu'il est là. Je ne le sens pas, la plupart du temps, j'oublie même qu'il est là, et pourtant, il me rend tellement service que tous les jours, je pense à lui avec gratitude (si si, sans déconner).

*Flashback*
J'ai passé une dizaine d'années sous pilule. C'est énorme, quand on y pense. J'ai commencé à la prendre ado, comme tout le monde ou presque. Je n'avais pas encore eu de copain (à ce moment-là, je doutais même que j'en aurais un un jour), mais j'avais beaucoup d'acné et des règles anarchiques, alors ma mère m'a emmenée voir sa gynéco qui, après un examen très douloureux (oui, mes ovaires sont là, merci, pas la peine de chercher à les faire exploser) (et absolument pas nécessaire, d'ailleurs, comme je l'ai appris récemment) et une remarque désobligeante sur mon poids qu'il allait falloir surveiller pour pouvoir avoir des enfants (haha ! connasse), m'a prescrit ma première pilule. Son nom m'échappe, il y en a eu tellement au fil des années...
Mon acné a empiré, et ma prise de poids s'est accélérée, mais au moins, mes règles étaient régulières, et j'étais prête pour le moment où j'ai fini par faire des galipettes avec un mec.
Jusque-là, tout va bien... au fil des années et des gynécos, je fais des analyses de sang : mon cholestérol est trop élevé ? on va changer de pilule ! mes règles sont douloureuses ? on va changer de pilule ! etc, etc. À chaque problème, la même solution : changer de pilule. J'ai dû faire tout le Vidal. J'ai fini par me retrouver sous Cérazette, c'était plutôt pas mal : assez légère, pas de règles... tranquille.
Mais je me disais, quand même, il existe tellement d'autres trucs... pourquoi je dois toujours me gaver de médocs ? Et encore, moi, ça va, j'ai une vie relativement stable et mon téléphone qui sonne tous les soirs à 20h pour me le rappeler... mais y'en a tellement qui doivent oublier, c'est vraiment pas terrible. Alors j'ai commencé à me renseigner, et j'ai vu qu'en effet, il existait plein d'autres trucs, mais que les gynécos français étaient complètement obsédés par la pilule. Ailleurs, point de salut ! Pourtant, il est prouvé que chez de nombreuses personnes, elle provoque dépression, migraines, prise de poids, baisse de la libido, et j'en passe... je me sentais franchement concernée - et je me doutais pas encore à quel point. J'ai lu, lu et encore lu, et fini par trouver la solution qui paraissait la meilleure pour moi : un stérilet au cuivre. Adieu les hormones !
Pourtant, ça me faisait un peu flipper d'avoir un bout de métal dans le ventre... et puis je me suis dit que c'était très con, vu la quantité de ferraille que j'avais déjà de plantée dans les oreilles... On lisait beaucoup de choses affreuses sur le stérilet : il rendrait stérile (FAUX !), il favoriserait les grossesses extra-utérines (FAUX !), la pose faisait un mal de chien, et en plus, je voyais que pas mal de gynécos refusaient de le poser à des nullipares (des gens qui n'ont pas encore eu d'enfants). Et puis j'ai creusé encore, vu que tout ça était bidon, et surtout que les inconvénients étaient vraiment minimes par rapport aux avantages (j'allais arrêter de dépenser des fortunes en médocs et être tranquille pour 5 ans !), et je me suis décidée à sauter le pas, quitte à devoir changer de gynéco ou aller voir un(e) sage-femme.
Et j'ai eu du bol. Mon gynéco du moment, très compréhensif ou complètement je-m'en-foutiste, je sais pas trop, a accepté tout de suite. Une petite échographie pour vérifier que mon utérus était capable d'accueillir l'engin et pour le mesurer, et j'avais mon ordonnance pour un DIU « short », justement prévu pour les nullipares. J'ai arrêté la pilule (et je me suis fait une petite frayeur au passage, j'ai dû prendre une fois la pilule du lendemain... c'était avant qu'on apprenne qu'elle est sans effet sur les femmes de plus de 80 kg, j'ai eu chaud !), et quand j'ai eu mes règles, j'étais de retour dans son cabinet avec ma grosse boîte (ça aussi ça fait flipper, la taille de la boîte... c'est qu'il y a le matériel de pose dedans ^^). Je dirais pas que ça m'a fait vraiment mal (de toute façon, tout le monde réagit différemment, je sais bien qu'il y en a pour qui c'est l'enfer), c'était plutôt extrêmement désagréable, mais pas vraiment douloureux.

Une grosse boîte pour pas grand-chose, disais-je.
J'ai eu mal au ventre pendant 2 jours, du genre grosses règles de sauvage où tu restes allongé-e avec une bouillotte (ou un chat) sur le bide, et c'est passé. En ensuite... ouah. Comment dire. Les effets de 10 ans d'hormones se sont estompés, mais ils ont pris leur temps. J'ai passé au moins un mois à alterner crises de larmes et fous rires, ma libido a crevé le plafond, c'était épuisant mais grisant, j'avais l'impression de retrouver mes 15 ans, de reprendre ma puberté là où on l'avait bridée (bon du coup, mon système pileux a fini de se développer là où il s'était arrêté, et moi qui étais très peu poilue, je me retrouve avec des poils au menton...). Et j'ai commencé à perdre du poids, pour la toute première fois de ma vie. J'ai même été heureuse de retrouver mes règles !
Ça m'a presque fait flipper, quelque part. J'avais l'impression qu'on m'avait droguée pendant dix ans, et que je me découvrais enfin telle que j'étais. L'impression aussi que ce qu'on nous avait vendu comme une révolution féministe, la pilule comme Graal de la libération de la femme, était en fait un moyen de plus de nous enfermer...
Depuis, je revis. Sincèrement. Et du coup, sans pour autant faire de prosélytisme, je m'efforce de parler autour de moi de ce petit T qui m'a changé la vie, ou au moins, de faire réfléchir les gens sur leur contraception, avec quelques points simples :
  • La pilule, c'est pas automatique. Il existe plein d'autres solutions (implant, stérilet cuivre ou hormonal, patch, anneau...), mais les médecins n'en parlent pas forcément. Renseignez-vous !
  • Le stérilet, ça marche très bien si on n'a pas d'enfants, qu'on en veuille ensuite ou pas. D'ailleurs, c'est bien plus adapté pour les ados que la pilule, parce que beaucoup moins contraignant !
  • Votre gynéco n'est ni omniscient, ni tout-puissant. Ce n'est pas à lui/elle de décider de votre contraception, mais à vous !
  • À chacun-e de trouver le moyen qui lui convient le mieux, quitte à en essayer plusieurs si nécessaire. Après, si vous êtes content-e de ce que vous avez... tant mieux !
  • Les généralistes et les sages-femmes peuvent aussi prescrire des moyens de contraception, et poser un DIU.
  • La contraception, ça protège juste des grossesses, pas des maladies, alors on n'oublie pas la capote avec les nouveaux !

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Attention, avalanche de liens !
L'indispensable : choisir sa contraception.

Plein de choses à lire chez Martin Winckler (idéalement, tout, si vous avez le temps), mais je vous ai fait une petite sélection :
Chez Dwam/Ipomée, un des blogs qui m'a le plus fait réfléchir au sujet :
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Mes acolytes

mardi 10 juin 2014

Thiers à pied

Avant tout je voulais vous remercier, tous autant que vous êtes, pour vos réactions à l'article de dimanche. Je me sens submergée d'amour en lisant vos commentaires, que ce soit ici ou sur Facebook, c'est merveilleux. On approche des 700 vues, c'est hallucinant, et on a même eu droit à un joli troll, alors pour fêter ça j'ai créé une Page Facebook pour le blog, comme ça vous pourrez le partager plus facilement :) Allez hop, on like et on fait suivre aux gens que ça peut intéresser !

Je sens l'été qui approche à grands pas, une glace hier au bord de l'eau, une tranche de pastèque ce midi, une furieuse envie de m'offrir un nouveau maillot de bain... et mon déo coco qui fond rien qu'à la température ambiante dans l'appart -_-

Bon, sinon je venais vous parler d'un petit projet que j'ai mis en place il y a une semaine environ ; je voulais voir si j'arrivais à le tenir sur la distance avant de le présenter, et, étonnamment, oui !
On me reproche souvent de ne pas aimer marcher : c'est faux, je n'aime pas marcher pour le plaisir, c'est tout. Du coup, à la campagne, quand on ne peut rien faire sans prendre la voiture, en effet, je marche très peu malgré la beauté du cadre. Par contre, en ville, quand j'ai un endroit où aller, ça ne me pose aucun problème, et je peux même faire de sacrées distances, tant que j'ai la motivation.
Et donc, nous revoilà installés en ville... une ville ravissante, en plus. Alors rien que pendant mes 10 minutes de marche pour descendre à la Poste (ou le petit quart d'heure qu'il me faut pour remonter, ça grimpe par ici), j'ai de quoi prendre des photos, repérer des détails amusants... et je les regroupe sur Instagram sous le hashtag #Thiersàpied. Je suis loin d'être douée en photo, et en plus je n'utilise que mon téléphone (qui est quand même pas dégueu, mais bon, ça vaut pas un vrai appareil - dont je serais bien incapable de me servir, soit dit en passant...), mais ça m'amuse, alors je partage.
Voilà celles de la semaine passée (cliquez dessus pour les voir en plus grand) :


dimanche 8 juin 2014

▲#11▲ Mon gras et moi

Le thème de ce 11e défi d'écriture est « écrire à partir d'une photo ». Je dois dire que j'ai eu du mal à choisir. Enfin... j'avais bien une idée, parce qu'il y a une photo qui m'a marquée cette semaine. Une photo tellement choquante, tellement atroce, que je pense que je ne l'aurais pas affichée ici ; je me serais contentée de la décrire et de fournir le lien si jamais quelqu'un voulait la voir. Et puis je suis tombée sur un article à ce sujet, qui résume parfaitement mon ressenti par rapport à cette photo, et ce qui en découle. Je vous invite à aller le lire sur le blog Août à Paris. (Si ça peut vous rassurer, elle ne la montre pas directement non plus, elle l'a résumée en dessin - c'est largement suffisant pour comprendre, mais moins horrible à regarder.) Du coup, je me sens un peu soulagée d'avoir lu ça, et j'espère pouvoir chasser cette horreur de ma tête.
Mais je trouvais toujours rien à me mettre sous la dent, à tel point que j'ai passé un appel au secours sur Facebook, pour qu'on m'envoie une photo... et même là, rien ne m'a vraiment donné envie (et en plus j'étais pas en super forme, j'ai rien pu manger de la journée et j'ai fait une sieste de 3h, j'avoue que ça aide pas à se motiver).
Et puis, j'ai pensé à une photo qui me permettrait de développer un thème important pour moi, quelque chose qui me tient vraiment à cœur. J'ai pas mal hésité, parce que c'est quelque chose de très perso, mais je me dis que ça en vaut sûrement la peine. J'espère ne pas me tromper.

Projet « Peau » - © Pendora's Box
J'ai posé une nouvelle fois pour Pendora, et me voilà à moitié à poil sur Internet. Je suis ravie du résultat, et des réactions qu'il a suscitées jusqu'ici. Pourquoi j'ai fait ça ?

Déjà, pour le plaisir. Parce que j'avais vraiment adoré notre première séance, et que mon impression s'est confirmée cette fois-ci : c'est vraiment une façon très agréable de passer une après-midi, et c'est très gratifiant de bosser avec quelqu'un d'aussi talentueux (j'ai l'air de jeter des fleurs, mais franchement c'est vrai, allez voir son site). Ensuite parce que ce projet-ci était un gros pari pour elle, totalement à l'opposé de ce qu'elle fait d'habitude : habituée des maquillages artistiques poussés, elle voulait essayer quelque chose d'épuré, sans make-up, juste un peu de coiffure et un éclairage sympa. Et ça marche ! On est une douzaine à avoir participé au projet « Peau », toutes différentes, et je trouve cette série splendide - et je suis extrêmement honorée d'en faire partie.

Ensuite, parce que c'est une forme d'engagement militant de ma part. J'en entends pouffer dans le fond : « La meuf elle milite les seins à l'air, elle se prend pour une FEMEN ou quoi ? » Alors, non. Déjà, je peux pas supporter ces nanas-là qui donnent une image lamentable du féminisme (Janek en parle très bien cette semaine d'ailleurs, allez voir ça). Ce que je veux montrer par cette photo, c'est que tous les corps peuvent être beaux, même ceux qui ne répondent pas aux canons de beauté qu'on nous ressasse sans arrêt - même le mien, bordel !
J'ai passé des années à traiter mon corps au mieux avec indifférence, au pire avec mépris. Pas parce que moi je ne l'aimais pas, mais parce que la société toute entière me disait que je n'avais aucun droit de l'aimer, parce que je suis obèse (je préfère ne pas m'attarder sur cette classification basée sur l'IMC et tout ce qu'elle a d'arbitraire et de dégradant). Partout s'affichait un seul modèle de corps - qui avait d'ailleurs tendance à maigrir au fil des années. Le mien ne correspondait pas, je le cachais. De toute façon, les seules fringues que je trouvais à ma taille étaient faites pour me cacher. Je trouvais d'autres façons de m'exprimer extérieurement, principalement par le biais de mes cheveux - ça attire l'attention ailleurs, c'est pratique.
Mais ces derniers temps, il se passe quelque chose. Les grosses en ont eu marre de se faire piétiner, et reprennent le dessus, avec classe. Je pense par exemple à Tess Munster et son mouvement Effyourbeautystandards, à Jes de l'excellent blog The Militant Baker, à Meghan Tonjes, qui a posté une photo de ses fesses sur Instagram - photo qui a été rapidement retirée parce qu'Instagram avait estimé qu'elle ne respectait pas ses conditions d'utilisation en matière de pornographie.. La différence avec les milliers d'autres nanas qui postent régulièrement leur popotin ? Meghan, elle, a un gros cul. Mais plutôt que de se renfermer dans son coin, elle a décidé d'en profiter pour faire un scandale et lancer la BootyRevolution !
Je me rends compte que tout ça sonne très anglo-saxon... en France aussi, ça avance, avec le magazine VolUp2, la blogueuse/mannequin/comédienne/créatrice Stéphanie Zwicky (alias BigBeauty), le défi French Curves des blogueuses mode rondes, et des filles comme Daria Marx ou Salomée, avec son Observatoire de la Grossophobie et du Body Shaming. Dénonciation des discriminations d'une part et revendication de ce que l'on est d'autre part... un vrai vent de fraîcheur !
Bref, avec tout ça, je me sens mieux, je me sens moins seule, plus entourée, j'ai moins l'impression de faire partie d'une frange de la population qu'il faut cacher (franchement, j'exagère à peine - surtout en France où on a ce mythe de La Française, classe et filiforme, c'est super mal vu de dépasser le 40, peu importe si ça concerne plus de la moitié de la population féminine...).
Du coup, j'ai moi aussi envie de faire partie du truc, à ma petite échelle... d'où cette photo. Je ne veux pas rester inactive pendant que d'autres se battent pour moi, alors que là, je peux faire quelque chose, même si c'est aussi symbolique que montrer mon gras sur le web, de façon relativement confidentielle.
C'est peut-être un peu naïf et idéaliste de ma part, mais je pense que pour qu'une bonne partie des discriminations s'arrête, il suffit de donner plus de visibilité à ceux qui en sont victimes. Tout simplement pour montrer que ce sont des gens comme les autres, et qu'il n'y a aucune raison de les traiter autrement.

Enfin, et ça découle du deuxième point, c'est forcément un peu par narcissisme. Comme je le disais, c'est quelque chose de nouveau pour moi : m'apprécier physiquement, de façon légitime, et accepter que les autres m'apprécient aussi (bien sûr que c'était déjà le cas, mais j'avais beaucoup de mal à accepter les compliments, qu'ils viennent de mon mari - l'amour rend aveugle, de mes amis - c'est parce qu'ils m'aiment bien ou d'inconnus - c'est pour se moquer de moi... ).
Donc oui, qu'une photographe que j'admire me dise qu'elle a envie de bosser avec moi, que les quelques personnes qui ont vu la photo l'aient appréciée - qu'elles me soient connues ou non -, ça fait du bien à l'ego, c'est clair. Et quel mal il pourrait y avoir à ça ? Ça booste mon moral, ma confiance en moi ; je me sens mieux à tous points de vue, pourquoi s'en priver ? C'est presque une forme de thérapie.

Voilà, avec tout ça, j'espère que cette photo vous plaît encore plus que la première fois que vous l'avez vue :)

(PS : le titre fait référence à une très bonne BD de la dessinatrice Gally.) 

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Mes acolytes

dimanche 1 juin 2014

▲#10▲ Trajet régulier

Déjà le 10e dimanche du défi d'écriture, ça passe vite ! Et de plus en plus de monde veut nous rejoindre, c'est génial mais ça va nous demander un peu d'organisation... on va voir ce que ça donne ! Le thème du jour est « Description d'un trajet que l'on fait régulièrement ».
Mon problème avec ce thème, c'est que je bosse chez moi, donc mes trajets sont assez limités, et en plus je viens de déménager, donc il n'y a pas grand-chose de vraiment régulier dans ma vie en ce moment ! Et pourtant, je crois avoir trouvé de quoi vous parler. Un trajet que je fais tous les jours, et souvent la nuit.

J'ouvre difficilement un œil, puis deux. Il fait tout noir. Quelle heure il est ? Je tâtonne à la recherche de mon portable, le retourne jusqu'à trouver comment allumer l'écran. 3h20. La nuit est encore longue, je ne tiendrai pas jusqu'au bout. Il va falloir que je prenne mon courage à deux mains et que j'y aille. Mais je suis tellement bien ici, allongée au chaud... rien qu'en sortant la main de sous la couette, j'ai senti qu'il faisait bien froid dans la pièce.
Je me retourne pour essayer de trouver une position dans laquelle je pourrais être plus à l'aise, en m'efforçant de ne pas trop faire de bruit. Peine perdue, quand il faut y aller, il faut y aller... Ça m'apprendra à me faire un gros bol de soupe pour dîner. Double peine perdue, même, parce que le sommier grince au moindre mouvement, le plancher aussi ; pour la discrétion, on repassera. Et je m'en voudrais de réveiller celui qui dort paisiblement à mes côtés, il a bien besoin de repos.
Bon. Allez, courage et motivation, je me lève. En faisant très attention à où je mets les pieds, je contourne le lit et attrape l'espèce de djellaba en polaire au porte-manteau. C'est tout doux, et ça tient bien chaud, un bonheur. À l'aveuglette, je me dirige vers la porte, en essayant de repérer les chats au bruit - ils dormaient contre moi et se sont évidemment levés eux aussi. Je cherche une lampe, mais évidemment, rien d'accessible. Tant pis. J'enfile mes chaussures.
J'ouvre la porte, descends la marche et referme très vite pour que les chats ne sortent pas. Il ne fait pas si froid que ça dehors, mais il y a un peu de vent. Je lève les yeux : le ciel est constellé d'étoiles, c'est splendide. Je ne m'en lasse pas. Je mets ma capuche et descends la deuxième marche, puis je pars vers la gauche.
Le début ne pose pas de problème : la dalle est plate est lisse, légèrement éclairée par le lampadaire le plus proche. Mais arrivée au bout, il n'y a plus de lumière et le terrain devient nettement plus accidenté. J'ai beau commencer à le connaître par cœur, je préfère me méfier et avancer en douceur dans le noir - quand on a les genoux fragiles, on préfère éviter les mauvaises surprises et les faux pas.
Je prends un virage en épingle à gauche et entame ma descente vers l'étage inférieur.
Heureusement, il y a eu de gros progrès récemment : il y a encore quelques mois, deux rigoles de béton traversaient le chemin, et ce n'était pas simple de les enjamber dans l'obscurité.
Au bout de la pente, me revoilà en terrain plat. Encore un quart de tour à gauche et je me retrouve juste en-dessous de mon point de départ, mais à l'abri, sur une autre dalle bétonnée.
Je peux enfin avancer plus rapidement, il y a un peu de lumière ici. Je me faufile entre les divers objets arrivés dans la journée, en essayant de ne rien faire tomber et de ne pas me blesser, et j'arrive enfin devant la porte de bois qui me sépare de mon objectif. Alléluia, les toilettes !

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Mes acolytes :